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Météo : un printemps à haut risque

Avec la douceur précoce de ces dernières semaines, la survenue d'un coup de froid tardif pourrait avoir de lourdes conséquences sur la végétation française

 

Quelle tendance pour le printemps ?

Le printemps météorologique a officiellement débuté le 1er mars. Celui-ci s'annonce-t-il doux dans la continuité de ce que nous connaissons depuis plusieurs semaines ? Quelles sont les dernières tendances pour les prochains mois ?

 

Selon les dernières actualisations du modèle américain, le mois de mars devrait se dérouler dans la continuité du mois de février, avec des anomalies de températures largement positives révélant une douceur persistante sur notre pays. Si cette tendance n'empêchera pas quelques périodes plus fraîches, les températures devraient rester bien au-dessus des normales de la période en moyenne sur le mois.

 

Le mois d'avril serait plus timoré selon ce même modèle. Si l'on excepté les abords de la Méditerranée, aucune anomalie positive de température n'est envisagée sur la France durant ce mois, ce qui induit des températures globalement dans les normes de la période à l'échelle du pays, autrement dit une douceur globalement printanière mais quelques coups de froid/frais envisageable, de façon similaire à ce que nous avons pu connaître ces dernières années.

 

Enfin, la douceur printanière devrait de nouveau s'affirmer plus franchement durant le mois de mai selon le modèle américain CFS. Les premières chaleurs estivales pourraient même arriver de façon précoce à la vue des anomalies de températures envisagées pour ce mois (+1 à +2°C au-dessus des normales en général).

Anomalies de températures envisagées pour le printemps 2026 – Modèle CFS


 

Un risque pour la végétation ?

Comme évoqué dans un précédent article, la végétation est très en avance en ce début mars 2026 en raison de la douceur exceptionnelle du mois de février 2026 (+3,6°C par rapport à la moyenne 1991-2020) et notamment de la dernière décade.

 

Or, cette douceur inhabituelle est, selon les dernières modélisations, prévue de persister tout au long du mois de mars, ce qui devrait permettre à la végétation de garder son avance et de s'épanouir comme au beau milieu du printemps.

Vitesse de croissance du colza envisagée pour le 11 mars – Via agrometeorologie.fr

 

De ce fait, si les prévisions se confirment pour le mois d'avril, à savoir une douceur bien plus timorée avec des températures situées plutôt autour des normales et donc un risque de coups de frais/froid plus accru, les conséquences pourraient s'avérer désastreuses pour la végétation.

 

En effet, le développement précoce de la végétation grâce à la douceur de fin d'hiver/début de printemps l'expose d'autant plus aux épisodes de gel tardif entre la seconde partie du mois d'avril et le début du mois de mai. Le gel peut en effet se montrer encore assez fréquent au mois d'avril, excepté entre la côte Atlantique et les abords de la Méditerranée. Du sud-ouest au Nord, il peut généralement geler jusqu'à la fin du mois d'avril. Des valeurs négatives peuvent encore être observées en première quinzaine de mai du Massif Central au nord-est.

Date des dernières gelées en France - Météo Villes

 

Si ces gelées tardives sont précédées d'une douceur précoce et durable comme celle que nous connaissons ces dernières semaines, alors les conséquences peuvent s'avérer désastreuses sur la végétation comme ce fut par exemple le cas ces dernières années.

 

En avril 2024 par exemple, après le premier trimestre (janvier, février, mars) le plus doux jamais enregistré en France et des records de douceur/chaleur durant la première quinzaine du mois, un coup de froid tardif avait engendré de nombreuses pertes dans les cultures françaises entre le 21 et le 23 avril.

Vignes brûlées par le gel à Rians (Var) ce mardi 23 avril 2024 - photo Château Pigoudet

 

Ce phénomène s'était déjà produit de façon encore plus marquée durant les mois d'avril 2021 avec des pertes estimées à près de 100% sur certaines parcelles.

 

Ainsi, si la douceur précoce est agréable, elle peut s'avérer particulièrement problématique pour les cultures françaises lorsqu'elle est suivie d'un retour brutal du froid au beau milieu du printemps. Compte tenu des dernières prévisions saisonnières, ce risque semble non négligeable cette année une nouvelle-fois, bien qu'il conviendra de confirmer cette tendance dans les prochaines semaines.

 

 

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Auteur : Tristan Bergen

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Biarritz